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Bourgeons de printemps, matière première des macérats de gemmothérapie
Bourgeons de printemps, matière première des macérats de gemmothérapie
GEMMOTHÉRAPIE

Phytembryothérapie : le guide complet des bourgeons

Par Antoine Lesaffre, naturopathe certifié de l’école Robert Masson · mis à jour le 15 septembre 2026

La phytembryothérapie — plus connue aujourd’hui sous le nom de gemmothérapie — est la branche de la phytothérapie qui utilise les tissus embryonnaires des plantes (bourgeons, jeunes pousses et radicelles) sous forme de macérats. Formalisée par le médecin belge Pol Henry en 1959, elle repose sur une idée simple : le bourgeon, tissu en croissance, concentre l’ensemble du potentiel de la plante à venir. Voici un guide complet, factuel et sourcé, pour comprendre son origine, sa fabrication et ce qu’en dit réellement la connaissance actuelle.

Qu’est-ce que la phytembryothérapie ?

La phytembryothérapie est une méthode de phytothérapie fondée sur l’emploi des tissus méristématiques des végétaux : les bourgeons, mais aussi les jeunes pousses, les radicelles, les chatons ou l’écorce interne des jeunes rameaux. Ces tissus sont dits « embryonnaires » car ce sont des zones de division cellulaire active, où la plante fabrique en continu de nouvelles cellules.

Le mot associe le grec phyton (plante) et embryon : littéralement, « la thérapie par les tissus embryonnaires de la plante ». Ces tissus sont récoltés frais, puis mis à macérer dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine pour en extraire les composés. Le produit obtenu s’appelle un macérat de bourgeons.

Phytembryothérapie ou gemmothérapie : quelle différence ?

Les deux mots désignent la même approche ; seule l’histoire des termes diffère. C’est le Dr Pol Henry (1918-1988), médecin et biologiste belge, qui pose les bases de la discipline et crée le terme « phytembryothérapie » en 1959. Il s’inspire des travaux de Paul Niehans sur la thérapie cellulaire pour les transposer au règne végétal, avec cette hypothèse de départ : « le méristème de la plante doit contenir tout le totum de la plante en devenir ». Il publiera sa synthèse en 1982.

Dans les années qui suivent, le Dr Max Tétau, homéopathe français, développe l’usage clinique de la méthode et la rebaptise « gemmothérapie », du latin gemma qui signifie « bourgeon ». C’est ce nom, plus court, qui s’est imposé dans le grand public. « Phytembryothérapie » reste le terme d’origine, plus précis sur le plan scientifique.

Pourquoi les bourgeons ? Le principe du méristème

L’intérêt porté au bourgeon vient de sa nature : c’est un tissu en pleine croissance, riche en cellules indifférenciées (le méristème), en sève, et en composés que la plante mobilise pour se construire. On y trouve notamment des acides nucléiques, des minéraux, des oligo-éléments, des flavonoïdes et divers phytohormones de croissance.

L’idée fondatrice de la phytembryothérapie est que le bourgeon, parce qu’il rassemble le « projet » complet de la plante (feuilles, fleurs, fruits à venir), offrirait un extrait plus complet — le totum — que la plante adulte ou qu’une partie isolée de celle-ci. Il s’agit d’une hypothèse traditionnelle, pas d’un mécanisme démontré ; nous y revenons plus bas.

Comment sont fabriqués les macérats de bourgeons ?

Les bourgeons sont récoltés frais, le plus souvent au début du printemps, sur des plantes ligneuses (arbres et arbustes). Ils sont ensuite mis à macérer, entiers, dans un solvant en trois parts qui jouent chacune un rôle :

  • L’eau extrait les minéraux, les tanins, les flavonoïdes hydrosolubles et les vitamines ;
  • L’alcool extrait les alcaloïdes et les hétérosides, et assure la conservation ;
  • La glycérine végétale extrait les composés liposolubles et stabilise le mélange.

Deux formes coexistent sur le marché :

Forme Fabrication Concentration
Macérat concentré (macérat-mère) Bourgeons frais macérés au 1/20 pendant ~20 jours dans un solvant eau / alcool / glycérine à parts égales (33 % chacun), puis pressés et filtrés. Non dilué
Macérat glycériné 1DH Macération au 1/20 dans glycérine + alcool pendant ~3 semaines, puis dilution supplémentaire au 1/10 (première décimale hahnemannienne, d’où « 1DH »). Dilué 10 fois

La forme concentrée s’emploie en petites quantités (quelques gouttes), la forme 1DH en quantités plus importantes. Chez Soléo Nature, nos macérats sont issus de bourgeons de plantes issues de l’agriculture biologique.

Que dit la connaissance actuelle ?

Soyons clairs et honnêtes, car c’est aussi ce qui fait la crédibilité d’une source. La phytembryothérapie est une pratique traditionnelle et empirique : elle s’appuie sur des décennies d’observation clinique par ses fondateurs et praticiens, mais les études cliniques de haut niveau de preuve restent rares. Les bourgeons contiennent bien des composés actifs identifiés (polyphénols, flavonoïdes, minéraux), et des travaux de laboratoire décrivent des propriétés antioxydantes pour certains extraits ; en revanche, l’idée du « totum » embryonnaire supérieur relève de l’hypothèse et n’est pas établie scientifiquement.

Sur le plan réglementaire en France et en Europe, les macérats de bourgeons vendus librement sont des compléments alimentaires : ils ne peuvent revendiquer ni traiter, ni guérir, ni prévenir une maladie. Ils s’inscrivent dans une démarche de bien-être, en complément — jamais en remplacement — d’un suivi médical.

Comment utiliser les macérats de bourgeons ?

Les macérats se prennent généralement dilués dans un peu d’eau, en dehors ou à distance des repas, en cures de quelques semaines. Le nombre de gouttes dépend de la forme (concentrée ou 1DH) et du produit : référez-vous toujours à l’étiquette. Par prudence, la gemmothérapie est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes et aux jeunes enfants sans avis d’un professionnel de santé, et certains bourgeons interagissent avec des traitements. En cas de doute, de pathologie ou de traitement en cours, demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Cet article est informatif et ne constitue pas un avis médical.

Bourgeons par besoin : nos guides détaillés

Pour aller plus loin selon votre objectif, consultez nos guides pratiques : bourgeons pour le sommeil, bourgeons pour le stress et l’anxiété, bourgeons pour l’immunité, bourgeons pour la digestion et le foie, bourgeons du foie et des reins, bourgeons pour la circulation et les jambes lourdes, bourgeons pour les articulations et les muscles, et le comparatif gemmothérapie ou phytothérapie. Retrouvez aussi tous nos produits dans la boutique.

Les bourgeons besoin par besoin

Ce guide pose la méthode ; chaque besoin est ensuite traité dans un article dédié, avec les macérats concernés, les posologies d’usage et les précautions :

Pour situer la phytembryothérapie par rapport à la phytothérapie classique, voyez ce qui distingue gemmothérapie et phytothérapie. Les praticiens trouveront la construction d’une cure dans le protocole de gemmothérapie du naturopathe.

L’ensemble des macérats de bourgeons bio Soléo Nature est présenté dans la boutique.

FAQ — Phytembryothérapie

La phytembryothérapie et la gemmothérapie, est-ce pareil ?

Oui. Ce sont deux noms pour la même approche : l’usage de macérats de bourgeons. « Phytembryothérapie » est le terme d’origine créé par Pol Henry en 1959 ; « gemmothérapie » est le nom, plus courant, popularisé ensuite par Max Tétau.

Qu’est-ce qu’un macérat de bourgeons ?

C’est un extrait obtenu en faisant macérer des bourgeons frais dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine végétale, qui capte les composés du tissu végétal. Il existe sous forme concentrée (macérat-mère) ou diluée (1DH).

Qui a inventé la gemmothérapie ?

Le médecin belge Pol Henry en a posé les bases sous le nom de phytembryothérapie en 1959. Le Dr Max Tétau l’a ensuite renommée gemmothérapie et en a développé l’usage clinique.

La gemmothérapie est-elle efficace ?

Il s’agit d’une pratique traditionnelle appuyée sur l’observation clinique ; les preuves scientifiques de haut niveau restent limitées. Les macérats sont vendus comme compléments alimentaires de bien-être et ne remplacent pas un traitement médical.

Pourquoi utiliser le bourgeon plutôt que la plante entière ?

Parce que le bourgeon est un tissu en croissance (méristème) qui concentre la sève, les phytohormones et les composés que la plante mobilise pour se développer. La phytembryothérapie postule qu’il offre un extrait plus « complet » — une hypothèse traditionnelle, non un fait démontré.

Sources

Pol Henry, Phytembryothérapie – Gemmothérapie : thérapeutique par les extraits embryonnaires végétaux (1982) ; Esprit des Simples, « Pol Henry, le père de la gemmothérapie » ; Compagnie des Sens, « Comment sont fabriqués les macérats de bourgeons ».

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